Suite à une récente interview relayée dans les médias, notamment par RTl-TVI, le secteur des Titres-Services fait à nouveau l’objet de critiques, certaines évoquant des entreprises qui « s’en mettent plein les poches ».
Si ces prises de parole participent à alimenter le débat public, elles soulèvent également une série d’amalgames qui méritent d’être clarifiés.
Les entreprises d’insertion en titres-services constituent aujourd’hui un pilier des services de proximité en Belgique. Le dispositif permet à des milliers de ménages d’accéder à une aide à domicile, tout en remettant au travail des personnes fragilisées et très éloignées de l’emploi.
Cependant, cet équilibre repose sur un modèle fragile, fortement dépendant de financements publics et soumis à des contraintes économiques croissantes.
Les discours récents tendent à simplifier à l’extrême un secteur pourtant complexe et diversifié composé d’entreprises commerciales mais surtout de structures d’insertion qui ont des réalités différentes, en raison des profils de ses travailleur-euse-s.
Réduire le débat aux frais complémentaires réclamés par des entreprises ne permet pas de mesurer la complexité du modèle économique, les obligations réglementaires lourdes qui s’appliquent au secteur, ni les tensions concrètes sur le terrain.
Ces amalgames nuisent à une lecture juste et jettent l’opprobre sur le secteur de l’insertion en titres-services qui se bat pour maintenir de bonnes conditions de travail pour ses aides-ménager-ère-s, la qualité du service rendu aux particuliers et l’ancrage local de l’activité économique.
Contrairement à certaines perceptions, le secteur des titres-services est aujourd’hui confronté à des défis structurels importants liés à l’augmentation des coûts (salariaux, énergétiques, organisationnels), aux difficultés de recrutement et de fidélisation, aux pressions accrues sur la qualité des services, à la fragilisation de l’équilibre économique des structures.
Dans ce contexte, l’enjeu principal n’est pas celui d’un enrichissement généralisé, mais bien celui de la pérennisation du système, fortement compromis en raison des récentes réformes notamment avec la fin progressive d’une source de financement essentiel pour le secteur de l’insertion.
Face à ces constats, nous rappelons l’importance de nous permettre de prendre pleinement part aux discussions en tant qu’acteur du débat, porteur de la réalité du terrain, à la hauteur de son importance sociale, économique et humaine.
Nous continuerons à contribuer activement à cette discussion, en défendant une approche nuancée, réaliste et constructive, au service des travailleur-euse-s, des utilisateurs et de l’ensemble du secteur.


